L’Australie va investir 500 millions de dollars pour restaurer la Grande Barrière de corail

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L’un des symboles de l’impact du réchauffement climatique va faire l’objet d’un intense travail de restauration de la part de l’Australie. Le pays a fait savoir qu’il allait investir 500 millions de dollars australiens pour protéger et remettre en état la Grande Barrière de corail, l’un des joyaux de l’humanité.

 Une situation urgente…

La Grande Barrière de corail est en péril. Le plus vaste ensemble corallien au monde, qui s’étend sur 384 000 km² le long de la côte australienne soit l’équivalent de plus de la moitié de la France, subit de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique. Déjà 30% des espèces vivantes présentes sont mortes du fait d’une dégradation importante de leur écosystème et de la pollution des eaux. La barrière de corail blanchit, meurt et disparaît peu à peu. Une véritable hécatombe selon les ONG environnementales qui pointent du doigt une situation urgente. Les activités industrielles et agricoles de la région ont un impact particulièrement néfaste sur le récif corallien de même que l’acanthaster rouge – une étoile de mer invasive – et si rien n’est fait rapidement, la situation pourrait être tout simplement irréversible.

D’autant que à l’enjeu économique s’ajoute l’enjeu environnemental. Le ministre de l’Environnement et de l’Energie australien Josh Frydenberg a récemment fait savoir qu’ « il y a 64 000 emplois qui dépendent de la barrière et 2 millions de touristes, ce qui représente plus de 6 milliards de dollars australiens » par an. Un coût colossal pour l’économie du pays.

…qui mérite un plan d’urgence

Pour tenter d’endiguer aussi efficacement que possible le phénomène, l’Australie a récemment fait savoir que le pays allait investir 500 millions de dollars australiens pour la protection et la restauration de la Grande Barrière de corail, soit plus de 310 millions d’euros. Il s’agit même d’un investissement qu’il est possible de qualifier d’historique puisque le pays réalise par là son plus gros plan financier à ce jour.

Les grandes lignes du plan d’actions ont été dévoilées par le Premier ministre du pays, Malcolm Turnbull. Au programme : amélioration de la qualité de l’eau, lutte intensive contre les prédateurs et le renforcement des investissements sur les mesures de restauration.

Parmi les techniques actuellement à l’essai avec succès, la transplantation de corail nourrit beaucoup d’espoirs. Des chercheurs parviennent dorénavant à élever du corail en laboratoire avant de le transplanter sur la Grande Barrière. Une sorte de greffe dont les résultats sont à la hauteur des attentes de la communauté scientifique internationale. Ce sont des chercheurs de l’université australienne de Southern Cross qui ont été à la baguette. Ils ont collecté en 2016 une grande quantité d’ovules et de sperme de coraux sur le site d’Heron Island, au large de la côte orientale. L’équipe est parvenue à produire des quantités massives de larves qui ont été transplantées sur les zones endommagées de la Grande Barrière. Et l’opération s’est avérée concluante, puisque 8 mois après seulement, le jeune corail a grandi et survécu.

L’enjeu est donc de taille, tant sur le plan environnemental qu’économique. L’Australie se donne les moyens de ses ambitions avec cet investissement de plusieurs centaines de millions d’euros. Mais les ONG de protection de l’environnement mettent en lumière le paradoxe du pays qui d’un côté va œuvrer pour la restauration du récif corallien mais qui de l’autre continue de promouvoir l’activité d’extraction du charbon. Un paradoxe criant au regard du fait que la principale cause du réchauffement climatique est, encore à ce jour, le recours aux énergies fossiles.