Les énergies marines : une nouvelle ère dans les EMR

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L’éolien offshore, l’hydrolien, la houlogénératoin électrique ou encore l’énergie thermique des mers sont autant de solutions de production d’énergies renouvelables en provenance de la mer – énergies marines renouvelables ou EMR -. Ces solutions sont actuellement en fonctionnement ou à l’état de prototypes à travers le monde. La France peut miser sur ce potentiel, de par le fait que le pays dispose de la 2ème plus grande surface maritime du monde. Mais comme toute technologie récente, le modèle économique est encore à trouver. Revue d’effectif.

L’éolien offshore, la solution actuelle la plus aboutie

A ce jour, la technologie de production d’ENR marine la plus aboutie et la plus développée est l’éolien offshore. La capacité de production a même bondi de 25% rien qu’en Europe sur une année. En comparaison avec les éoliennes terrestres cette fois, l’offshore affiche deux avantages majeurs : la taille et la puissance installées. Car étant positionnées à plus de 40 km en moyenne des côtes, elles ne soulèvent pas le problème de la pollution visuelle. Une typicité qui permettra par exemple d’installer un véritable mastodonte de 260 m de hauteur (50 m de plus que la Tour Montparnasse). Construite par la société américaine GE Renewable Energy, elle entrera en service vers 2019 et devrait produire 45% d’énergie en plus que les éoliennes offshores déjà existantes. Un autre point fort du dispositif réside dans le fait que les courants de vents en mer sont bien plus forts et réguliers qu’à terre.

Grâce à cette technologie qui est appelée à être déployée au niveau mondial, les EMR pourraient selon l’institut France énergies marine (FEM) produire non moins de 20 000 térawattheures par an.

Et rien qu’en France, le parc d’éoliennes offshore devrait voir l’arrivée de 6 parcs d’environ 500 mégawatts chacun à partir de 2021.

L’Hydrolien, en phase de développement

L’hydrolien est une technologie encore jeune mais prometteuse. Le principe est de tirer profit des mouvements de l’eau, des courants, du ressac. Des turbines gigantesques sont immergées et l’onde marine entraîne des pales qui activent des turbines produisant de l’électricité. En France, c’est notamment la société OpenHydro qui mène les essais en Bretagne. Il faut en revanche que les courants soient suffisamment forts pour que l’installation génère une quantité intéressante d’électricité.

Des variantes existent par ailleurs, comme l’infrastructure développé par la PME Sabella qui teste une turbine à axe horizontal, le long de l’île de Ouessant.

Energie houlomotrice et énergie thermique des mer

Au rayon des technologies de production d’EMR encore en phase d’expérimentation mais déjà prometteuses, l’énergie houlomotrice et l’énergie thermique des mers suscitent l’intérêt de nombreuses entreprises mondiales.

L’énergie houlomotrice repose sur la houle, les vagues, la force des vagues en pleine mer. La houlomotricité compte tirer profit de la force des vagues, étant par nature une source d’énergie inépuisable, constante et régulière. A ce jour, le concept le plus abouti en la matière est une sorte de serpents de mers flottant, le Pelamis. Cette grande chaîne flottante et articulée à l’aide de vérins hydrauliques mise au point par la société écossaise Ocean Power Delivery est capable de transformer l’énergie cinétique en électricité, en activant des turbines. Mais bien d’autres technologies houlomotrice existent qu’elles soient immergées, au large ou au contraire sur les rivages. Parois basculantes actionnant un piston, flotteur à oscillation verticale, colonne d’eau à turbine aérienne ou encore absorbeur à pendule comptent parmi les technologies en phase de développement ou de test.

Enfin, l’énergie thermique des mers, sorte de géothermie à l’envers, est aussi à l’étude. Le principe : au lieu d’échanger la chaleur du sol, c’est le froid des profondeurs de l’océan qui est exploité. Il est remonté grâce à une centrale de pompage avec un générateur. Les différences de températures sont exploitées pour être transformées en électricité.

Toutes ces technologies sont prometteuses, et rien qu’en France elles pourraient permettre de produire 10% de la production totale d’électricité annuelle. Mais de nombreux défis techniques et commerciaux restent encore à être relevés. Car le principal problème demeure la rentabilité de telles installations.

Auteur : Vincent T.